deadly disease
il leur avait suffit d'attendre le bon moment, le bon jour. il leur avait suffit d'être patients, le doigt prêt à presser l'interrupteur — il leur avait suffit de compter jusqu'à trois et elles étaient sorties l'instant d'après, avaient avalé un nombre horrifiant de vies. s'étaient emparées des familles et les avaient déchirées d'un coup de croc, avaient disloqué des liens et brisé des coeurs en l'espace de quelques secondes. il leur avait suffit d'un souffle pour faire exploser la capitale, bombes enterrées des années — des siècles ? — plus tôt sous le sol de nausicaa.
il leur avait suffit d'un battement de cil, mais ça ne lui avait pas suffit.
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reminiscences. / cheshire



remnants of an idyll


J'ai pris l'habitude de taire mes rares émotions, et d'éviter de dire ce que je pense à voix haute. L'entrevue du jour devrait par conséquent se dérouler dans des circonstances propices, essayé-je de me dire. En vérité, en cet instant où je me tiens devant la porte crasseuse d'un bar qui ne m'inspire nulle confiance, je ressens ce qui s'apparente probablement à une forme de stress. Je l'identifie à la rapidité du souffle qui s'échappe de moi, à mon cœur enserré dans un étau. Ma tête me fait un peu mal. Mon ventre également. Je suis rarement quelqu'un de stressé. J'ai pu l'affirmer en de nombreuses occasions : je ne suis pas quelqu'un de très vivant, je ne réagis donc pas comme le commun des mortels. Certaines situations peuvent cependant éveiller des émotions étranges. J'ai compris bien trop tard, pour Sally. Je m'en rends compte à présent. La devanture est sale ; une façade noircie de crasse, avec des fenêtres barrées de grilles à travers lesquelles on voit à peine. Je suis obligé de m'arrêter un instant avant d'entrer. Je me demande s'il est au courant, mon cher Jack. Je l'imagine sans peine. Il a le profil de celui qui aime appuyer là où cela fait mal. Je lève les yeux au ciel. S'il désirait éveiller une réaction sur mon visage atone, c'est réussi.

Elle me prenait par la main, sans jamais se soucier de ce que je pensais. Elle n'en avait rien à faire car, de toute façon, cela ne se voyait pas vraiment. Elle me disait qu'elle voulait s'amuser. Je ne savais pas, évidemment, que ce serait la dernière fois que je la verrais avant qu'elle ne meure. Je me plaignais, en lui disant, Sally, s'il te plaît, laisse-moi tranquille, je suis fatigué. J'aurais dû lui dire que je me sentais sale. Ce mensonge m'aurait fait paraître plus humain à ses yeux. Elle ne s'en souciait pas, cela dit. Elle se contentait de rire et je la suivais. Elle buvait plus que de raison, je restais sobre car je ne voulais pas perdre mes facultés. A un moment, ses lèvres se sont approchées des miennes. A bien y réfléchir, il est probable qu'elle se soit arrêtée là, quand elle s'est rendue compte que je restais totalement indifférent à ce qu'elle faisait.

Le souvenir me torture encore un peu. Depuis qu'elle n'est plus parmi nous, je me sens curieusement normal. Vous comprenez, cette douleur que l'on ressent lorsqu'on porte le deuil ? Il me semble que je la rencontre par moments, comme devant ce seuil sordide que je dois pourtant franchir. Je n'en ai guère envie, mais je le fais. J'ai pour principe de ne pas désobéir aux ordres que l'on me donne ; par conséquent, si le jack me convoque à un endroit précis, je n'ai qu'à m'y rendre. Il est beaucoup plus simple d'agir ainsi ; je déteste devoir réfléchir à mes actions. Me comprendre est une activité qui me suffit amplement.

Lorsque j'entre sous le son d'une clochette, je scanne rapidement du regard les yeux. Les rais de lumière provenant de l'extérieur voient danser la poussière. Les tables sont petites, abîmées par de nombreuses luttes d'ivrogne ; j'aurais pu participer à l'une d'entre elles, si seulement j'avais daigné le faire. Personne dans la salle, si ce n'est la grande forme d'un homme aux cheveux de jais. Mon homme. Adoptant une posture décontractée, je m'approche de lui. Je m'amuse presque à essayer de mimer le désintérêt, à me faire passer pour un homme trop froid pour être gêné par les fantômes de son passé. Bien le bonjour, Cheshire. Je vous prie d'excuser mon retard. Je n'ai pas regardé ma montre, mais je sais que je suis en avance. Je m'installe en face de lui, le dévisageant longuement. Son visage me paraît trop fermé pour que je puisse y lire quoique ce soit. Cela dit, ce n'est nullement un problème. Je ne suis pas très doué pour lire les sentiments des autres. Si c'était le cas, je serais probablement un meilleur acteur. Comprenant que c'est à moi de parler, j'ose enfin lui demander : Pourquoi vouliez-vous me voir ici ? Je doute que vous soyez incommodés par le prix de vos consommations. Pour ma part, je n'ai nul problème d'argent, je n'en ai jamais eu. Mon seul problème, c'est ma façon d'être. Je ne doute pas que cela peut agacer mon jack, par moments. Lui aussi, il m'agace. Mais je me garderai bien de le lui dire.
Sam 13 Aoû - 16:02
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Il y a ce jukebox qui joue de la musique de comptoir ; qui grésille un peu, mais dont la sonorité qui en émane ferait vibrer le cœur de chacun des piliers d'se bar. Il y a cette musique qui passe, lui rappelant quelque peu celle qu'elle écoutait tout le temps, à chaque heure de la journée et il aurait pu en reconnaître la mélodie si ça disparition ne l'avait pas achevé, si sa mort ne l'avait pas détruit. "Said she was a dancer" de Jethro Tull ; il aurait même pu citer l'album si son cœur l'avait souhaité ; mais non. Ce n'est pas son genre de se lamenter et encore moins d'se montrer déprimer dans un lieu autre que chez lui, dans sa tanière ; dans son antre. C'est dans un mouvement lent qu'il fait tourner son verre pour entendre les glaçons glisser le long des parois, attendant, attendant que son obligé passe le pas d'la porte. Althaus qu'il s'appelait, Althaus qu'il avait étudié Cheshire, comme il analyse chaque personne, comme il fouille le passé de tout être qui est amené à l'approcher d'trop prêt... Beaucoup trop méfiants, beaucoup trop sur ses gardes, beaucoup trop vicieux.

La fumée de sa cigarette lui chatouille les narines, lentement ; la patience n'a jamais été son fort, mais quand on ne souhaite pas attendre, on ne se ramène pas avec vingt minutes d'avance ; alors il passe son temps comme il le peut Cheshire, en contemplant les gens qui rentrent et ressortent comme dans un hôtel ; il analyse de son regard avisé les déchets que ce bar côtoie quotidiennement et il se dit qu'il est chanceux ; ouais, comparé à d'autres, Cheshire est bien chanceux, il a la belle vie, l'argent, un bar de renom ; mais pas la réputation ; car quand on est un salopard d'la pire espèce, personne ne veut en entendre parler. Se redressant afin de détendre les muscles de son dos qui se sont coincés à force de rester avachis sur son tabouret, Cheshire dégaine son téléphone, regardant les minutes défilées ; mais le temps qui passe se fait lent, beaucoup trop long... Surtout dans un endroit pareil, mais il ne va certainement pas s'en plaindre ; après tout, c'est lui qui l'a choisi.

La porte s'ouvre de nouveau et une silhouette familière fait son apparition ; te voilà enfin arrivé Althaus. Et le sourire du fantôme s'élargit ; rictus carnassier, il s'en lèche les babines d'avance, ressemblant parfois beaucoup plus à un chien qu'au chat dont il tire son nom ; mais qui a dit que le chat de Cheshire était un chaton inoffensif ? Ta voix s'élève Althaus, alors que tu prends place aux côtés de celui qui va te faire vivre l'enfer sur terre, à côté d'ton patron. "Bien le bonjour, Cheshire. Je vous prie d'excuser mon retard." Non, pas en retard, mais pas assez en avance pour le bon vouloir de cet homme vicieux et malicieux. Il se permet juste d'arquer un sourcil en seule guise de réponse alors qu'il t'invite de sa main à t'asseoir, autant que tu te mettes à l'aise Althaus, tu vas en avoir besoin, il le sait, il sait tout Cheshire. Et il sait que tu vas lui demander "pourquoi ici, pourquoi dans cet endroit sordide" ; mais la réponse, tu l'as connaît déjà Althaus, pas vrai ? "Pourquoi vouliez-vous me voir ici ? Je doute que vous soyez incommodés par le prix de vos consommations." Et voilà, il l'avait prédit ; et quand tout se passe comme il le prévoit, Cheshire ne peut s'empêcher d'élargir son sourire en croissant de lune ; dévoilant ses dents d'prédateur en soif de sang ; le sang d'la vérité bien tranchante.

Tu me déçois Althaus, tu ne poses pas les bonnes questions. Et le jeu commence, parce que c'est bien la raison pour laquelle il t'a demandé d'te ramener dans ce lieu glauque, à l'ambiance morbide et à la senteur âcre ; ouais, ça sentait clairement la mort dans c'taudis. Pour ce soir, j'veux que tu me tutoies, oublie les codes de la hiérarchie pour aujourd'hui et prête toi au jeu. Et tu te demandes certainement "mais quel jeu putain ?" Ne t'en fais pas Althaus, Cheshire va y répondre, mais d'abord, il commande un nouveau verre de Jack Daniels et écrase sa cigarette dans le cendrier à sa droite. Je veux que tu te prêtes au jeu du "Cheshire à raison sur toute la ligne" ; tout le monde y passe et tu ne fais pas exception à la règle mon cher Althaus. Sinistre enculé, salopard de la pire espèce, tel sont les surnoms qu'on lui donne depuis bien des années ; changeant de pseudonyme à la même allure qu'il consume ses cigarettes, c'est pourtant la première fois depuis longtemps qu'il en affectionne un en particulier. Cheshire. Le chat qui guide Alice, ou plutôt qui la perd en son antre. Tu détestes cet endroit, n'est-ce pas ? Et c'est la raison pour laquelle il l'a choisi ; mais ça, il est certain que tu l'as déjà deviné Althaus. Prépare-toi à jouer à pile ou face. Pile, Cheshire gagne, Face, Althaus perd.
#E92E2E with althaus // sorry pour la qualité.
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Ven 19 Aoû - 18:38
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remnants of an idyll

A présent que j'ai rempli ma part du contrat social, en satisfaisant aux obligations liées à ma position, j'attends de voir ce que le jack me veut. C'est une question que je me pose sincèrement, je n'arrive pas à le deviner rien qu'en le voyant. Chaque visage a pour moi cette qualité cryptique qui m'appelle à ne pas comprendre. Est-ce une déception, si je suis aussi fermé aux autres ? Il faut me comprendre, il m'est déjà difficile de déchiffrer mes propres intentions. L'homme qui se tient en face de moi a ce rictus qui lui découvre les dents, et l'espace d'une seconde, je ne peux m'empêcher de penser à quel point cela l'enlaidit. Je pense sincèrement qu'avoir l'air mauvais détruit notre beauté physique. C'est la seule chose que j'arrive à déterminer, chez lui. A cause de ce sourire moqueur qui m'est destiné, car je ne suis pas non plus stupide. Je sens qu'il veut se jouer de moi, alors je le laisse poser ses règles. Je m'efforce d'avoir l'air impassible, car en vérité, je ne sais pas si j'aurai les nerfs de jouer à ses petits jeux. Je suis quelqu'un de simple, moi.

Je n'aime pas vraiment sa façon de se comporter. Il ménage les suspenses avec trop de soin. J'ai l'impression d'assister à une pièce de de théâtre, et je suis à peu près persuadé qu'il a déjà tout préparé, rejouant la scène plusieurs fois dans sa tête. Avec d'autres personnes que moi, également. J'essaie dès lors de me détendre ; cela ne peut pas être si terrible que cela. Cheshire a raison sur toute la ligne. Je suppose que la seule règle, c'est de ne pas le contredire ? Cela doit être dans mes cordes. J'acquiesce donc sobrement. Je me focalise sur sa face sarcastique ; je n'ai guère envie d'observer les environs, j'ai le sentiment que je les connais par cœur. Non que je fréquente les lieux régulièrement ; j'ai simplement associé leur disposition à un souvenir un peu pénible. Le jack en est conscient ; la première question qu'il me pose est assez manifeste. Je ne réponds pas de suite. Puisque de toute façon, je vais dire qu'il a raison, dans la mesure où c'est le jeu et où il dit vrai, je préfère moi-même m'essayer au suspense. Je crois que je ne suis pas très doué à cela. Lorsque je parle, j'ai l'impression de lâcher l'affaire car c'est moi qui n'en peux plus. Effectivement. Tu as raison. Et je me tais, peu désireux d'en dire plus à ce sujet. A cet instant, je ne doute pas qu'il le fera. A sa place, c'est ce que je ferais. J'ai au moins compris quelque chose à son sujet : c'est qu'il s'agit d'une personne assez arrogante, qui aime écraser les autres. Il peut donc m'écraser, si cela l'amuse. Je pense tout de même qu'il est le plus pathétique de nous deux.
Sam 20 Aoû - 11:43
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❝Effectivement. Tu as raison.❝ Il n'y a pas pire sentence que cela ; tu t'avoues déjà vaincu Althaus, comme au pied du mur, c'est dommage ; la résignation ne fait pas partie intégrante de la vie de Cheshire, loin de là. Lui ne comprend pas, lui n'assimile pas et son regard porté sur ta personne doit clairement te le faire comprendre. Il arque un sourcil, fronce l'autre et lâche un profond soupir, preuve de sa stupeur et de son mécontentement face à ta réaction. Il a raison et tu ne dis rien de plus ? C'est triste. C'est d'une tristesse infinie et si Cheshire avait été doté d'un cœur de chair et non pas de fumée, il aurait sans doute pleuré ; ou pas, parce que c'est ça qu'être un odieux salopard. Lui qui est, d'habitude, acteur, devient le spectateur de ta sombre vie, de ta mélancolie et de ta nostalgie depuis que tu es entré dans les lieux. Tu te sens mal ? Lui aussi ; mais pas pour les mêmes raisons. Tu ne veux rien dire Althaus et c'est normal, à ta place, il en ferait autant ; mais il sait aussi Cheshire, que toi, à sa place, tu continuerais le jeu. La question, désormais, est la suivante ; va-t-il le faire ou non ? C'est là tout le dilemme ; mais une immonde pourriture ne devrait pas avoir à faire ce choix.

Il sait bien que tu ne nourris qu'animosité à son égard, que tu l'écoutes juste parce que c'est ton supérieur ; et il en joue un peu trop Cheshire, il s'en amuse, s'en délecte comme la fumée dont il se nourrit pour ne pas s'évaporer complètement. Il fait revenir ses glaçons dans son verre avant d'en prendre une gorgée et de lâcher sur son ton désinvolte. Mon dieu que tu n'es pas drôle. Tu n'es pas joueur Althaus et le Jack vient de le comprendre, vient de l'assimiler et ça le fait doucement rigoler ; mais un tant soit peu chier aussi, il faut l'avouer. Tu as ce don de l'emmerder, mais en même temps, tu le fascines, sinon, pourquoi il t'aurait demandé d'venir dans ce taudis ? J'ai raison ; ouais, c'est cool, maintenant, je veux savoir pourquoi j'ai raison. Alors vas-y Althaus. Raconte moi ?

Il s'attendait déjà à ce que tu lui dises non. Il s'attendait à ce que tu trouves une excuse pour te dérober ; et tu le peux, ce serait humain, ce serait normal ; mais tu sais déjà ce que ferait Cheshire à ta place non ? Il continue de boire un peu sa liqueur, écrasant sa cigarette dans le cendrier avant de se lever de son tabouret dans un mouvement félin, d'approcher du Jukebox et d'appuyer sur une chanson, au hasard. Je sais déjà ce que tu penses de moi Althaus ; je sais que tu me trouves misérable. Mais pose toi la question du "pourquoi". Elle est primordiale. Et il espère dans le fond que tu te la poseras, à moins que tu ne sois trop stupide pour ça. La chanson ne démarre pas, c'est dommage, vraiment dommage, parce qu'il en était persuadé Cheshire, que c'était une chanson que tu ne supportais pas.

#E92E2E with althaus // désolé pour l'attente, je suis impardonnable (correction en cours)
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Lun 12 Sep - 2:32
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03/08/2016
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Très honnêtement, plus le temps passe et plus il m'ennuie. D'accord, je veux bien concevoir que je suis une curiosité, et qu'il y a une part de moi qui n'est pas très claire et mérite d'être explicitée ; malgré tout ? N'a-t-il rien de mieux à faire que de proposer des jeux stupides, auquel je ne m'adonne que parce que je ne vois pas l'intérêt de m'y soustraire ? J'espère bien que mon manque de combattivité le déçoit. On a tendance à mésestimer la portée d'un tel refus de résistance - car c'en est simplement une forme passive, mais trop mal connue. Enfin, n'allez pas croire que je m'oppose à lui, non plus : je suis là pour booster son ego, et je compte bien remplir ma part du marché. Je n'ai rien à gagner à lui causer une blessure narcissique, puisque de toute façon, j'ai besoin qu'il y ait quelqu'un comme lui pour me donner des ordres et me guider. L'avantage d'avoir un supérieur, c'est qu'on se décharge sur lui de toutes nos préoccupations morales ; voilà pourquoi il m'est aisé de m'endormir après avoir fait du mal. Cela dit, j'apprécierais quand même d'avoir quelqu'un d'un peu plus fin au dessus de moi. Quelqu'un qui aurait l'intelligence de trouver la bonne façon de me manipuler, quelqu'un qui aurait l'humanité de ne pas profiter de mes faiblesses. Oui, je suis le bourreau, je ne suis pas censé être humain, et ça tombe bien car je ne le suis pas tout à fait. Il pourrait donc l'être pour moi, mais dommage. C'est sans doute un mauvais jack sur ce point : trop narquois, il ne songe pas à éveiller un sentiment de loyauté en moi. Qu'il ne s'étonne donc pas si je ne le soutiens pas plus que nécessaire. Il a déjà bien de la chance de tomber sur quelqu'un comme moi, quelqu'un qui méprise trop les autres pour faire des différences entre untel et untel. Il vaut bien un autre, à mes yeux.

Donc non, je ne suis pas drôle, je le sais et je hausse les épaules. Je pense que je vais bien avec les lieux, je suis aussi sordide qu'eux. Malgré mes couleurs assez vives, je suis en fait aussi terne que les murs qui nous renferment. Je n'ai même pas assez de vie en moi pour le détester ; je me contente de le juger. Je fais bien cela, il paraît. Je m'apprête à lui répondre quand il me coupe en me disant qu'il sait que je le trouve misérable. Ma foi, ça ne doit pas être trop compliqué à deviner, l'indifférence est souvent confondue avec la face neutre que j'adopte en permanence. Il le devine sans doute plus dans ma retenue que dans mes expressions, c'est assez évident. Mais qu'importe. Je réponds avec prudence : Effectivement. Tu aurais bien plus à gagner en te montrant agréable et avenant en ma présence. Malgré tout, je te remercie de m'épargner en partie cette comédie, il m'est plus dur de répondre à un ton gentil. Je parle beaucoup, mais je sens qu'il est nécessaire, à ce stade, de lui faire comprendre que je lui donne licence de s'amuser plus que je ne me sens vraiment gêné par ses actes mesquins. Mon malaise est réel, mais je suis devenu un maître au jeu de se voiler la face, et si je me concentre, je peux oublier la nausée qui monte à chaque fois que le visage de Sally apparaît devant mes yeux. Il m'en fournit la raison, c'est donc suffisant pour que je réussisse à garder mon calme. Il ne comprend pas que, s'il se taisait, les résultats seraient plus efficaces. Perdu dans mes pensées, je craquerais probablement. Mais là, je peux m'accrocher à sa voix. Ne vous ai-je pas dit qu'il est toujours utile d'avoir quelqu'un sur qui s'appuyer ? C'est bien pour cela que j'ai besoin d'appartenir à une hiérarchie : on décide pour moi du pauvre hère qui jouera ce rôle. La seule façon de m'aider, en fait, c'est de m'occuper, de me dire ce qui est bien ou non - presque, finalement, de penser à ma place. Cela ne fait pas partie du jeu. Le pourquoi. A moins que tu n'ajoutes une nouvelle règle, je n'ai rien à te dire à ce sujet. Ou que tu me l'ordonnes clairement, mais je ne le précise pas clairement, estimant que cela n'a pas sa place dans la situation actuelle. Cheshire a présenté cela comme un jeu, et même moi je comprends la nécessité de ne pas perturber son équilibre. Je joue selon les règles de façon très stricte ; c'est une façon de ne pas perdre mon chemin. S'il veut savoir, il va devoir poser lui-même le cadre qui me forcera à lui répondre. Oui, je veux lui booster son ego s'il le désire, mais je n'ai pas envie de lui faciliter les choses non plus. D'ailleurs, c'est aussi pour son bien, à mon petit Jack ; ainsi, il est confronté à un challenge plus grand, et le surmonter en sera d'autant plus intéressant.
Mar 13 Sep - 21:02
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03/08/2016
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