deadly disease
il leur avait suffit d'attendre le bon moment, le bon jour. il leur avait suffit d'être patients, le doigt prêt à presser l'interrupteur — il leur avait suffit de compter jusqu'à trois et elles étaient sorties l'instant d'après, avaient avalé un nombre horrifiant de vies. s'étaient emparées des familles et les avaient déchirées d'un coup de croc, avaient disloqué des liens et brisé des coeurs en l'espace de quelques secondes. il leur avait suffit d'un souffle pour faire exploser la capitale, bombes enterrées des années — des siècles ? — plus tôt sous le sol de nausicaa.
il leur avait suffit d'un battement de cil, mais ça ne lui avait pas suffit.
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(rapace) + can't hold us ❞

can't hold us
Y a des soirs où avoir des responsabilités, ça lui troue le cul. Y a des soirs où il plaque tout et décide de se rappeler des années passées, comme s'il avait 64 ans et pas 24 – des soirs où il en a marre de se résumer à son tatouage et à son devoir de protéger l'humanité toute entière. Être roi pour la plupart, ça veut dire être un putain de héros ; tu dois sauver la veuve et l'orphelin, leur trouver une baraque, de la bouffe, de l'argent, et un métier officiel. Mais lui il sait pas comment on fait, il est bon qu'à regarder Seek faire des cocktails, pour les boire avec la ferveur d'un ivrogne – ou d'un chrétien buvant le sang du fils de Dieu.

Et aujourd'hui, c'est un de ces soirs, mais il a pas envie d'aller casser les couilles à Clochette, parce qu'elle serait capable de le foutre devant une bagnole défoncée et de le forcer à bosser toute la nuit ; et y a une personne, une qui ressort dans les méandres de ses relations. Rapace, ça fait un moment qu'il est pas allé le faire chier, alors une occasion pareille, ça se fête. Une clope entre les dents et la fumée qui s'en échappe, le cul posé sur sa moto et même pas de casque collé sur le crâne, il se contente de rouler jusqu'à Nausicaa, pour acheter de quoi passer un bon moment – c'est armé d'une petite pile de DVDs qu'il bifurque et vise cette fois Elden, le sourire collé sur le faciès et la profonde envie d'être un pur gamin planté dans l'esprit.

Il lui faut quand même un bon moment avant d'arriver dans la cité des mythologiques, l'air lui fouette la tronche et il s'arrête devant les quartiers résidentiels, pour garer son bolide et reprendre le chemin ; le sac dans une main et le téléphone dans l'autre, il lui suffit d'un coup de fil pour commander quelques pizzas – l'avantage de connaître l'autre relou depuis qu'il est gosse, c'est qu'Hide sait à peu près quel genre de bouffe il aime, et quel genre il aime pas. La commande est passée et lui il vient joyeusement se fracasser le poing contre la porte d'entrée de la Mégère pas tout à fait apprivoisée, juste avant de s'acharner sur la poignée ; miracle, c'est ouvert.
Comme d'habitude.

Et c'est là que tout se joue, là qu'il scelle l'avenir de la soirée. Quelqu'un d'avisé aurait attendu que Rapace ouvre la porte – mais c'est Hide, et pas Quelqu'un d'avisé. Alors Hide se racle la gorge, referme tranquillement l'ouverture derrière lui, et roucoule. « Chériiii j'suis rentré~ ! » Avec la ferveur d'un mari épuisé par le travail, il traverse l'entrée et se jette à corps perdu sur le grand allemand, le tout en imaginant un merveilleux slowmotion – dans lequel les DVDs loués s'écrasent durement contre le sol.

« Je sais mon tendre j'tai terriblement manqué et t'es ravi de me revoir, tout ça. J'ai commandé des pizzas, elles arriveront bientôt, en attendant on a une demi-douzaine de bons films qui nous attendent. » Il recule enfin et s'assoit à même le sol, tremblotant comme une puce. « Tu veux commencer par quoi ?? »

Il sait – il sait qu'il force beaucoup trop, qu'il devrait y aller mollo ou au moins laisser à Rapace le temps de décider. Mais il a clairement pas envie d'être altruiste parce que c'est pas quelqu'un de gentil, Hide. Alors il lève le fruit de son excitation en le traitant avec la même prudence que si c'était le Graal absolu, un large sourire de clown scotché à la tronche. « En plus, j'ai loué un film de cul ! » Comme si ça allait faire pencher la balance de son côté.
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Ven 19 Aoû - 1:30
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Dernière édition par Hide le Sam 1 Oct - 10:48, édité 2 fois



can't hold us
ft. hide l'insolent
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Tu crèves. T'étouffes. Mais c'est pas grave. C'est rien. Après tout, t'es déjà mort,
Viktor.

T'es noyé sous les flots, les grands, les hauts. T'es tiré vers le fond, là-bas, en bas. T'es déjà plus grands choses, mais bientôt, ça sera carrément plus rien. L'homme mort, c'est toi. C'est toi qui retient ton propre cadavre, qui s'accroche, qui se retient. C'est le poids qui te noie, c'est ta peau qui t'étouffe. T'as ton cadavre dans ton esprit, qui se mêle au décors.

C'est plus lui, Rapace.
C'est plus toi, Viktor.
Mémoire des enfers.

C'est elle qui vient et qui gratte pour en avoir un peu plus. C'est elle qui a d'abord pris ta main pour te bouffer le bras. Et toi, t'as rien dit. T'es qu'une faible et maintenant tu subis. T'es qu'une sale merde qui s'en veut, de celles qui se haïssent parce qu'elles ont que ça à foutre. T'as rien pu faire contre, t'aurais jamais rien pu faire. Tu le sais et ça t'énerve.

Alors tu broies du noir, comme si t'en avais jamais assez. T'as même pas eu la fois d'allumer la lumière depuis que t'es posé là. T'es juste avachi, comme un gros tas, sur ce qui te sert de canapé. Mais tu t'en fous. Personne te voit. Ni les autres, ni toi. Parce que toi, t'es mort, et que les seuls gestes que tu fais encore, ce sont ces spasmes avant de lâcher prise, de sombrer. Avant que tu ne t'embrases, Rapace, que tu acceptes ce que tu es, qui tu représentes.

Que tu ressentes.

Cette rage, cette haine. Ce besoin viscéral d'en vouloir à tout, pour n'importe quoi, à n'importe qui, n'importe comment. C'est plus fort que toi. C'est ta drogue, ta came.

Que tu ressentes.

Ce manque, ce froid. Cette impression de solitude qui te hante. C'est pas ton ancien toi qui te fait ça, non. C'est plus fort, ça vient d'en haut, de ces souvenirs qui t'arrachent l'esprit et le cœur. C'est ton inconscient. Ton inconscient qui hurle, qui quémande. Parce que t'es tout seul. Parce que t'es la seule merde à être conscient de ce que tu es, même si tu l'assumes pas. Parce que tes sœurs peuvent être n'importe où, n'importe qui.

Parce que t'es Mégère, plus que le mort.
T'es Mégère plus que Viktor.

Et dans cette pièce, t'aimerais bien ne plus rien être. Mais c'est pas comme ça que la vie marche. C'est pas une lampe avec un génie et trois souhaits. Non, la vie, de base, c'est composé de toi et des autres. Tu t'en souviens comme si c'était hier, de la belle époque, celle où tu pouvais encore avoir des potes. Tu t'en souviens et tu détestes ça, encore une fois. Mais ce que tu détestes le plus ce soir, c'est loin d'être ça. D'abord, t'as râlé quand ça a toqué contre le bois. T'as grogné, tu t'es plains et t'as pas bougé. T'as pas eu le temps, de toute façon. C'est la tornade qui s'est abattu chez toi. Tu t'es juste levé quand la porte s'est ouverte, histoire de voir quel enfoiré avait bien pu rentrer chez toi, Rapace.

Hide. Ce connard d'Hide que tu as pensé. T'as reconnu sa voix alors que la porte se referme derrière lui. Parce qu'il sait. Il sait que tu fermes jamais, que t'en as rien à cirer de la sécurité. T'as reconnu sa voix et maintenant tu peux reconnaître son corps alors qu'il se jette sur toi. Toi qui ne bouge pas. T'es juste là, à le regarder de haut, à le juger. T'as même pas réagis au surnom qu'il t'a donné. Tu sais pas pourquoi il est là mais les boîtiers tombés au sol te donnent une idée et honnêtement, dans toute la sincérité du monde que tu peux avoir pour toi – t'en as rien à foutre. T'as même pas envie de réagir à toute sa merde, et ce en toute honnêteté, une fois de plus. Tu sais même pas si t'as la foi de l'écouter alors qu'il parle sans cesse et pourtant tu le fais. Tu le fais et t'as un pincement au cœur.

Putain, il a pas changé.

C'est une claque que tu te prends dans la gueule, une de celles qui font bien mal et qui laissent la marque. Il est toujours aussi … aussi Hide. Et toi t'es là, comme un sale con, à te comporter en un enculé de première, parce que ta nature profonde a changé comme une salope, sans même oser te demander. Parce qu'elle a pas compris que t'avait pas coché la petite case de « J'accepte les conditions » pour être cet oiseau de malheur. Et ça te fout le seum, comme disaient les jeunes d'il y a quatre cent ans. T'as la rage au ventre.

Jalousie.

Tu le jalouses maladivement. Tu t'en rends même pas compte, c'est plus fort que toi. Tu le sais même pas, mais c'est là. Et tu le contiens, tu le contiens si bien, parce que tu refuses de céder. Tu ne céderas pas, pas tout de suite, en tout cas. En mémoire de l'ancien toi. Alors t'as juste serré les poids, mais c'est tout. T'as continué d'écouter sa merde, de l'observer silencieusement. Tu pourrais le foutre dehors, sans politesse, parce que tu l'as jamais invité ici ce soir. Mais tu le fais pas. Tu te retiens parce que tu sais que même si ce n'est pas le cas là, à une époque t'aurais été heureux de le voir. Est-ce que t'es heureux ce soir, Rapace ? Probablement pas. Ou probablement. Tu sais même pas, t'es qu'un paumé. C'est peut-être pour ça que tu dis rien, que tu restes là, muet, alors que tu pourrais juste l'attraper pour le faire sortir d'ici. Mais non, tu le laisses faire. De toute façon, tu sais qu'il reviendrait, plus chiant que là. Et au moins, au moins –  

Au moins il paie la bouffe.

T'as jeté un rapide coup d’œil aux titres qui sont par terre, presque indifférent, parce que t'as l'habitude de ses petits surnoms de tourtereaux et qu'il t'arrive d'y répondre. Parce que si tu te dépêches de faire un choix, il repartira plus vite. Peut-être. Sûrement pas. Mais vient l'apogée de la soirée, en vrai, si ce n'est celle de la stupidité de Hide. Il lève la boîte de ses mains de fragile, avec cet espoir sur le visage, cet air de pitre qu'il a toujours collé sur sa face. Vraiment, Hide, un porno ? Tout ce que tu trouves à faire face à ça, c'est de claquer ta main contre ton visage en signe de désespoir. T'as sûrement grimacé, aussi, tu sais pas trop.

Mais là, justement, c'est trop.

T'as la main qui passe sur ta bouche alors que tu inspires profondément, les yeux toujours rivé sur le gamin par terre en face de toi et t'as qu'une chose qui te vient à l'esprit, en fait. « T'es vraiment qu'une merde, Hide. » Amicalement, Rapace. T'as la main qui redescend enfin et que tu fous dans ta poche, comme pour éviter de la mettre dans sa gueule. C'est triste que tu en sois là, parce que tu sais très bien qu'avant, ça t'aurait fait rire, mais que là c'est pas le cas, que ça sera plus comme ça. Tu te doutes qu'il sait, qu'il comprend et qu'il s'en fout, de toute façon. Tu sais que c'est pas ça qui le fera fuir et c'est pour ça que tu t'excuses pas, que tu fais juste un signe de la tête vers ce qui te sert de salon. « Je te laisse choisir ta merde, j'ai pas confiance dans tes choix. » Ou la gentillesse incarnée. Au fond, c'est déjà pas mal que tu l'autorises à rester, que tu l'acceptes dans ton nid. Parce que oui, ton appartement, maintenant, c'est comme tel. Y a du bordel un peu partout mais c'est pas dégueux, c'est juste que t'as jamais la foi de ranger quoi que ce soit, que t'en vois pas l'intérêt.

Parce que t'as jamais d'invités.

T'as tourné les talons pour te diriger dans le salon, allumant au passage les lumières qui te brûlent les yeux. T'as pas ramassé ni rien, tu préfères juste t'affaler sur le sofa et le laisser se démerder. Pourtant, t'as toujours le regard fixé vers lui, à l’affût. Tu sais que ça en met certains mal à l'aise mais Hide est tellement stupide qu'il ne s'en rendra même pas compte. D'ailleurs, tu lui précises que tu ne comptes pas bouger plus que ça ce soir. « C'est toi qui ira ouvrir la porte pour la bouffe. » T'as les lèvres qui s'étirent, qui se retroussent comme un chacal et tu continues. « Alors sois dans un état présentable si tu choisis celui-là, trésor. » Tu pointes d'un mouvement de tête le DVD qu'il a encore en main, les yeux toujours braqué sur lui, dans les siens quand il lui est permis.

© ENDYMION.



(hrp; je changerais sûrement de code un jour mais j'ai la flemme de faire plus là)
Lun 29 Aoû - 20:42
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« T'es vraiment qu'une merde, Hide. »

N'importe qui se serait profondément vexé et serait parti en claquant la porte – avec force mouvements dramatiques et répliques de film à la même image – mais Hide, lui, il se contente de fixer l'intéressé avec la tronche la plus philosophique de sa vie. Yeux vides de merlan frit, la bouche entr'ouverte et déchirée d'un sourire empreint d'une stupidité digne des plus grands demeurés de la partie SEGPA des collèges, il fronce à peine les sourcils. « Ce qui te rend, par extension, terriblement sale et fétichiste de la merde. » & un mouvement large de la main en appuyant sur le mot « merde », pour désigner son propre corps – qu'il considère similaire à celui d'un Apollon, soit dit en passant. « Je te laisse choisir ta merde, j'ai pas confiance dans tes choix. »

Soupir théâtral, il porte une main à son front et ferme les yeux, comme pour retenir un flot de larmes (petit mouvement d'épaule, sanglot feint). « Ton vocabulaire heurte mes sentiments, Viktor. » Le prénom est prononcé avec son meilleur accent nordiste – ou du moins ce qu'il en reste. Comme pour rappeler à cette grande personne vulgaire que derrière toute sa haine, y a un mec parfaitement normal ; et que Hide, il le voit encore, il y croit encore. Comme un pd. « Non la vérité, parler de caca deux fois en deux phrases, c'est un peu trop. Varie les expressions, sinon tu vas vraiment passer pour un fétichiste chelou mon coeur. »

Et cette fois c'est le clin d'oeil, avant de retourner à ses films – hors de question de commencer par le porno, ça aurait l'effet d'un calibre 25cm sur une pucelle de quinze ans. Ça déchire, mais pas dans le bon sens. Il s'étale au milieu du bordel, écarte quelques trucs probablement plus identifiables depuis le temps, et pèse le pour et le contre ; jusqu'à ce que Very Bad Trip l'emporte. Un truc pareil, ça marche toujours (pour lui).

« C'est toi qui ira ouvrir la porte pour la bouffe. » « Evidemment, toi tu vas encore lui parler de caca. » Rictus narquois, un vrai petit con. « Alors sois dans un état présentable si tu choisis celui-là, trésor. » Cette fois le sourire devient vachement plus lubrique, il glisse un clin d'oeil vers Rapace en ramassant ses DVDs et retourne s'écraser avec grâce devant la télé, son arme en main. « Pas tout de suite bébé, d'abord faut mettre l'eau à la bouche. » Il ronronne un peu – ou grogne, il sait pas trop.

Il fourre le disque dans le lecteur et vient se coller sur son camarade, déterminé à lui casser les couilles jusqu'à ce qu'il ne les sente même plus ; mais à peine a-t-il posé son majestueux postérieur qu'on frappe à la porte. « P'tain, déjà. » ça grommelle mais ça attrape son portefeuille et son plus beau sourire, pour accueillir l'inconnu à casquette et récupérer leur repas du soir – il claque bien vite la porte avec un bonne soirée à peine poli, et son attention retourne entièrement vers Rapace, frétillant d'excitation enfantine.

« Le repas est prêt bébé, et préparé avec beaucoup d'amour. T'étouffe pas avec, hein. » Il pose les boîtes encore chaudes sur ce qu'il pense être une table basse et la tire entre le sofa et la télé, les yeux de nouveau aspirés par l'écran en question. Il a beau avoir vu ce film un bon million de fois, ça lui semble plus débile à chaque fois. « J'ai une question hyper importante, chaton. Le genre qui décidera de si on est toujours potes, ou si tu dégages. » De sa propre maison, parfaitement. « Si j'sais un truc que tu sais aussi, mais que tu sais pas que j'le sais, c'est quoi la circonférence de la Terre si tu la divises par le tour de taille de ta reine ? »

L'air plus sérieux qu'un mangemort, un morceau de pizza à moitié enfoncé dans le gosier – il en déchire un bout et la mâchonne mollement, pas trop sûr de savourer ou de galérer à virer le fromage. « Nan, j'déconne. En vrai, j'tai même pas demandé comment t'allais. Alors, il va bien le balai profondément enfoncé dans ton cul ? »

Ca a l'air nonchalant au premier abord, mais dans le fond il veut vraiment savoir si Rapace va bien ; l'inquiétude du vieux pote, qui peut pas l'ouvrir sans se faire insulter. C'est pas foncièrement dur pour Hide d'apprécier Viktor, si tant est qu'il oublie pas que c'est pas juste un connard, mais la victime du bug de ces enfoirés de dieux.
« Tu m'dis hein, si tu tiens absolument à regarder l'AV au titre vraiment très intense. J'me demande si j'aurais pas dû prendre Star Whores, au final. »
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« Ce qui te rend, par extension, terriblement sale et fétichiste de la merde. »

Tu lui fais un doigt sans même y réfléchir. C'est plus un réflexe qu'autre chose. Pourtant, tu te retrouves à faire cela – de la plus belle manière qui soit – avec ce regard blasé qui est tien. Mais ce n'est pas de ta faute, Viktor.
Hide vient à peine d'arriver qu'il te fatigue déjà.

Tu sais que tu en as encore pour un bon petit moment avec lui, ce soir, parce qu'il est plus têtu qu'un enfant de trois ans – et aussi plus stupide, soit disant passant. Il fait sa drama queen et tu roules juste des yeux, comme pour lui faire comprendre que ce genre de choses ne prend pas avec toi.  « Ton vocabulaire heurte mes sentiments, Viktor. » Ce sont tes épaules que tu hausses, cette fois, car ces mots-là te heurtent, Viktor.

vik
tor

Tu te fais rage pour te retenir. Tu sers les poings si fort, t'en mordant rapidement la lèvre. Il ne s'en rend peut-être pas compte, mais il appuie sur ce sujet sensible. Celui qui te rend amer. Celui qui te donne envie de lui crever les yeux en cet instant précis. Juste pour un mot. Juste pour un nom. Le tien. Viktor. C'est la mélancolie. C'est la douleur qui fend le cœur. Agréable souvenir qui t'empoisonne la vie, qui t'empêche de lâcher de prise, de sombrer. L'ancre qui te retient, celle à laquelle tu t'accroches plus que tout au monde. Mais il ne s'en rend peut-être pas compte, Hide. Il ne remarque peut-être pas à quel point c'est douloureux, à quel point tu n'es pas fier de ce que tu es, ce que tu deviens.

Alors il blague toujours, c'est un peu sa manière de respirer à lui, alors que toi c'est de haïr. « Non la vérité, parler de caca deux fois en deux phrases, c'est un peu trop. Varie les expressions, sinon tu vas vraiment passer pour un fétichiste chelou mon coeur. »  Tu ne réagis même plus à ce genre de commentaires; tu sais très bien que cela ne ferait que raviver les paroles du plus jeune. Par contre, tu as pris le temps de lui annoncer la couleur : tu ne bouges plus de ce canapé, c'est lui qui ira chercher la commande à la porte. Sauf que c'est Hide, alors forcement il te regard avec ses yeux plus lubriques que ceux d'un rat d’égout.
Ose espérerez qu'il n'en ai pas les puces.

« Pas tout de suite bébé, d'abord faut mettre l'eau à la bouche. » Puis il ronronne et tu te dit qu'il pense officiellement être animal, alors tu poses tes deux sur ton visages pour te masser les tempes un bon coup, expirant bruyamment. « T'es déjà passé en mode vibrateur où ça se passe comment là, Hide ? » Parce que la tendresse entre vous, c'est un peu faux. C'est plus ce genre de dialogues crus qui ressortent, comme si de rien n'était, comme si c'était normal.

Et en plus ce salopard vient se coller à toi sur ton canapé. Ce n'est pas que tu es comme un chien possessif, Rapace, mais tu commences à comprendre l'intérêt de marquer son territoire : à ce qu'on te brise moins les couilles. Heureusement, à peine installé, déjà reparti et tu en profites pour étirer tes bras de soulagement – et accessoirement parce qu'ils sont engourdis, ok. Mais aussitôt parti, plus vite revenu.

Diantre,
Pourquoi es-tu ami avec lui déjà ?
Ah oui,
Viktor.

Du coup, tu as de nouveau droit à son bavardage incessant. « Le repas est prêt bébé, et préparé avec beaucoup d'amour. T'étouffe pas avec, hein. » La suite ? Le magnifique sont du bois qui racle le sol car monsieur ne connaît pas la délicatesse. Attends – ne parlons pas de délicatesse avec toi, Rapace. « Je savais bien que tu tapais le livreur, chéri, mais au point à ce qu'il t'aime … » Non parce que personne n'est assez fou pour supporter Hide par amour, même à cause de son rang.
C'est bien pour ça que tu ne l'aimes pas.

Et puis là, sortie des enfers, une question plus longue que tout ton appartement. « J'ai une question hyper importante, chaton. Le genre qui décidera de si on est toujours potes, ou si tu dégages. Si j'sais un truc que tu sais aussi, mais que tu sais pas que j'le sais, c'est quoi la circonférence de la Terre si tu la divises par le tour de taille de ta reine ? » Tu hausses les sourcils, le visage clairement marqué par le choque, la surprise, l’incompréhension et beaucoup de jugement. T'as même les sourcils qui font des points d'interrogations. Peut-être pas, certes. « Putain mec, qu'est-ce que j'en ai à foutre de la poitrine de la reine ? » Et peut-être que tu as dit sur un ton assez violent, assez amer. Mais bon, tu n'as qu'à utiliser l'excuse de « Je suis Mégère je suis toujours en colère » qui est bien entendu fausse et que tu détestes, qui plus est.

Mais le pire.
Le pire du pire.

C'est qu'il continue ce sale con. T'as les yeux rivés sur lui plutôt que sur l'écran, les yeux perçants. T'allais même mettre un morceau de pizza dans ta bouche quand il a parlé une fois de plus et que tu as voulu l'étouffer. « Nan, j'déconne. En vrai, j'tai même pas demandé comment t'allais. Alors, il va bien le balai profondément enfoncé dans ton cul ? » Et c'est plus fort que toi, tu réponds au tac au tac. « Continues comme ça et c'est mon balai que tu auras enfoncé dans ta gorge, amor. » Et peut-être que tu ne captes pas, derrière ces mots, la pointe d’inquiétude qui l'habite. Peut-être que tu ne le ressens pas de la même manière, à cause de cette essence colérique qui bat au fond de toi.
Et c'est triste, Viktor.

Ta solitude est dévastatrice.

Et tu t'en fous. Tu continues à manger comme si de rien n'était, plantant violemment tes canines dans la pâtes pour l'arracher plutôt que de la couper. Tu vas probablement en foutre partout mais à la rigueur, tu t'en branles. « Tu m'dis hein, si tu tiens absolument à regarder l'AV au titre vraiment très intense. J'me demande si j'aurais pas dû prendre Star Whores, au final. » Tu quittes la bouffe du regard un nouvel instant pour regarder l'écran. Un « Tu fais comme tu veux. » sort de manière nonchalante de tes lèvres. Tu profites de la proximité du meuble pour mettre des pieds dessus, croisés. C'est comme si tu allais dormir, en fait, sauf qu'on t'a piqué une sacré partie de ton confort aka canapé et qu'en plus de ça quelque chose de bruyant n'arrête pas de parler à côté.

Mais franchement, Viktor, ce n'est pas comme ça que tu vas garder tes amis.
Parce que oui, quand même, de base, Hide c'est ton pote.

Au cas où tu l'aurais oublié.


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Sam 5 Nov - 19:56
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