deadly disease
il leur avait suffit d'attendre le bon moment, le bon jour. il leur avait suffit d'être patients, le doigt prêt à presser l'interrupteur — il leur avait suffit de compter jusqu'à trois et elles étaient sorties l'instant d'après, avaient avalé un nombre horrifiant de vies. s'étaient emparées des familles et les avaient déchirées d'un coup de croc, avaient disloqué des liens et brisé des coeurs en l'espace de quelques secondes. il leur avait suffit d'un souffle pour faire exploser la capitale, bombes enterrées des années — des siècles ? — plus tôt sous le sol de nausicaa.
il leur avait suffit d'un battement de cil, mais ça ne lui avait pas suffit.
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langage verbeux. / wolfgang



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La ville était sens dessus dessous. Cette ambiance de chaos pourrissait l'air ; les visages angoissés des Karma trahissaient les incertitudes quant à l'avenir, et par moments, les regards qui se portaient sur moi portaient un soupçon d'accusation. Je pense que cela ne me concernait pas plutôt personnellement, mais que j'étais visé dans la mesure où j'occupais une fonction dans notre hiérarchie. Je découvrais ainsi que j'avais une certaine part de responsabilité lorsqu'il y avait des problèmes, découverte qui m'inconvenait fort dans la mesure où j'avais osé essayer de me décharger de toute culpabilité sur un certain jack. Je n'aimais guère la tournure des évènements. Cela n'a fait qu'empirer depuis. Je crois que je suis en train de tomber malade. Ou peut-être le suis-je déjà depuis le décès de Sally, je ne sais pas ; toutefois, la situation me donne la nausée, et si je ne comprends pas encore trop pourquoi, j'ai cependant conscience du fait que je vais devoir donner un peu de ma personne si je veux que les choses se déroulent au mieux. Très franchement, je n'ai jamais songé que j'avais une affection particulière vis-à-vis des Karma ; mais, vous savez quoi ? Il se pourrait bien qu'une part de moi ait à cœur leurs intérêts. Bien sûr, tout ceci est hypothétique.

Si je déambule en plein quartier entropy, je ne le fais pas par hasard. J'ai besoin de trouver quelqu'un. Je ne peux pas dire que je sais où le trouver, car très franchement, je ne me soucie pas vraiment de l'endroit où il crèche. J'ai cependant besoin de mettre les choses au clair. Je veux vérifier quelque chose, et je n'ai absolument aucun scrupule à utiliser un « collègue » d'une autre race pour cela. Je n'ai rien contre la division actuelle, je ne la soutiens pas non plus - cela me paraît un peu simple de croire que l'on va s'entendre parce qu'on est les mêmes, mais il paraît que c'est ainsi que se forme les peuples, je dois donc avoir une vision trop idéalisée. J'ai caché mes cheveux sous une casquette et ma cicatrice derrière une paire de lunettes noires, ne sachant pas trop dans quelle mesure je peux être connu des autres groupes - je pense être un inconnu, pour ma part, mais je suis un bourreau, et je cause du tort à beaucoup de gens, je suppose donc que je me fais des ennemis et que ceux-ci seraient capables de reconnaître mes particularités physiques. Il fait plutôt ensoleillé ce jour-là, donc cela ne paraît trop suspect. Je marche pendant une bonne heure avant de tomber enfin sur celui que je cherchais. Il est seul, fort heureusement, de sorte que je peux aisément l'approcher et me poster devant lui, en lui lançant de mon habituel timbre monotone : Bonjour. Peut-on discuter, s'il te plaît ? Comme je fais preuve de politesse, j'espère qu'il comprendra que je ne cherche pas la confrontation. Quand bien même je la cherche un peu ; mais enfin, je ne la veux pas violente non plus.
Lun 19 Sep - 18:07
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03/08/2016
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manipulation de la glace
karma

 w/ althaus ; un jour je le prendrais au sérieux, allez slt
 bonjour je suis pas un
fragile  
tu devrais te réjouir, vraiment
teos est presque à vous, même si tu restes sceptique, t'es conscient que les castes ennemies risquent de vite riposter. n'empêche que tu devrais profiter de cette petite grande victoire qui flatte grandement ton ego, te noyer dans l'alcool et faire la fête dans le quartier nouvellement acquis.
mais t'es là, dans ton vieux bled à brasser de l'air parce qu'y a que là que tu te sens vraiment bien, chez toi.

tu somnoles, assis parterre contre une vieille baraque pas loin de ton appart et tu fous rien parce que c'est tout ce que tu sais faire ces temps-ci.
t'es calme, c'est bizarre, même pour toi. d'habitude t'es nerveux et un peu perché mais ça doit être cette saleté de morphine dont tu abuses peut-être un peu trop, enfin t'es pas médecin.

même si t'aimes ta position dans la hiérarchie qui te donne l'impression d'être important; qui te prouve que tu peux être utile à quelqu'un, servir une cause juste pour le plaisir de servir une cause
tu commences à éprouver un soupçon infime (vraiment) mais présent de regret face à tout ce que t'as accompli. ouais, c'est de ta faute si t'en es là et chialer sur tes erreurs va pas vraiment arranger les choses mais ça t'empêche pas de le faire.

t'as vu personne dans cette rue depuis que t'y es, comme-ci tout teos avait décidé de te laisser respirer pour une fois, ce que t'apprécie vraiment; après tout c'est pour ça que t'as quitté la capitale, c'est le bordel partout et pas moyen de comater tranquillement sans qu'on vienne te réveiller pour te demander si tu vas bien ou juste vérifier que t'es pas mort. t'espère vraiment que c'est temporaire parce que tu préférerais en finir que de vivre en supportant les regards de pitié tous les jours. d'ailleurs, c'est pour ça que tu mettras plus jamais de short de ta vie, les gens ont pas besoin de savoirs que t'es un handicapé. et puis c'est moche.

c'est pour ça que t'es plutôt surpris quand un mec bizarre vient t'aborder, et t'étais près à t'énerver mais après mure réflexion, sa tête te rappelle vaguement un truc. tu te lèves et le regardes droit dans ses lunettes de soleil, les sourcils froncés. c'est quand il parle que tu reconnais sa voix et pendant un instant tu te demandes si tu dois te mettre sur la défensive parce que c'est ni le moment ni l'endroit pour une discussion amicale entre pleasers de deux clans ennemis, mais bon si c'est ce qu'il veut.

seulement discuter ? je devrais dire non vu les derniers événements mais j'suis curieux de savoir ce que tu m'veux.
tu réponds et un rictus se dessine sur ton visage fatigué.

Lun 19 Sep - 22:53
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04/08/2016
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J'ai eu le courage d'aller l'aborder. Dans un quartier qui n'est pas le mien, et où je me trouverais en très mauvaise posture si jamais je devais être découvert. Tout seul. Je me demande s'il se rend compte de ce que cela représente. Tous ces indices devraient l'inciter à comprendre que, d'une part, la situation est un peu délicate, et ne peut probablement pas attendre une rencontre future ; d'autre part, que je ne suis absolument pas là pour me battre. Mais, au fond, je ne sais pas vraiment si le message est clair ; toutes ces pensées trottent dans ma tête, mais j'ai cette neutralité de figure qui me cause aisément du tort, car on ne sait jamais vraiment à quoi je songe. Je me doute que c'est le cas en cet instant ; et je m'apprête à ouvrir la bouche pour apporter quelques précisions nécessaires, quand il daigne enfin me répondre. Il a dû mettre quelques secondes à me reconnaître, ce qui d'une certaine façon, me rassure un peu : au moins, cela veut dire que j'ai réussi mon déguisement. Je recule d'un pas ; il s'est approché et je ne me sens pas particulièrement à l'aise à cette distance, j'ai l'impression d'être plus vulnérable. Non, juste discuter.

Autour de moi, les habitations sont miséreuses ; elles sont très loin des résidences opulentes de mon propre quartier. Du moins ne trompent-elles pas l'observateur comme chez moi ; on voit que c'est un coupe-gorge. L'air est empli de poussière, et d'autres odeurs que j'ai un peu plus de mal à identifier, même s'il me semble reconnaître une très légère saveur métallique, à laquelle je pourrais mon existence toute entière. Wolfgang ne fait pas tâche, dans ce quartier ; c'est la première fois que je prends conscience des différences qu'il peut y avoir entre nous deux. Je préfère te prévenir que je n'ai aucun avis sur les derniers évènements. Mais du coup, j'ai besoin de savoir. Ce que vous, vous en pensez. Cela pourrait presque sembler trahir notre idéologie, que de s'intéresser à ce que pensent les autres. Mais moi qui suis toujours en dehors de tout, moi qui ne pense rien en particulier, je suis curieux. J'ai envie de savoir si cet élan que je ressens au plus profond est compréhensible, ou si je me fais des illusions. Ai-je raison d'avoir une part de moi qui a envie de défendre les Karma ? Il me semble que je ne le saurais qu'en discutant avec lui. J'ai déjà perçu une différence ; nos rapports étaient autrefois parfois tendus, je sentais bien que je ne correspondait pas tout à fait à l'image qu'il se faisait d'un Karma, et que mon attitude pouvait aisément le déstabiliser - mais il n'était pas le seul. A présent, je lui trouve une détermination que je ne lui connaissais pas forcément avant. Comme s'il y avait en lui une forme d'hostilité nouvelle. Peut-être me trompé-je. Peut-être ai-je pointé du doigt la première différence dans notre nouvelle relation.
Mar 20 Sep - 21:08
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03/08/2016
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manipulation de la glace
karma

 w/ althaus ; un jour je le prendrais au sérieux, allez slt
 bonjour je suis pas un
fragile  
t'es sceptique, tu sais pas vraiment ce qu'il vient faire ici, ça te plaît pas trop. t'es comme ces chiens qui défendent leur territoire, l'étranger te fait peur et tu peux pas t'empêcher de vouloir montrer que t'es chez toi. tu mets tes mains dans tes poches et te positionnes dos au mur. y a peut-être un peu d'insolence dans ton regard mais t'es surtout braqué sur toi-même comme si tu t'attendais à être attaqué d'une seconde à l'autre. à ta façon de sourire on dirait que tu veux montrer les crocs. tu réponds d'un air désinvolte, comme si rien de tout ça n'avait d'importance pour toi.

hm. si tu le dis.

t'as l'air tout fier mais, intérieurement t'enrage d'être face à cet homme qui sort du lot dans cette rue à l'hygiène médiocre, même avec son déguisement. t'habites ici et tu sais que c'est le genre de quartier où des clodos viennent se battre la nuit, t'es sûr qu'il a pas ce problème lui ou c'est peut-être la jalousie qui te rend amer.
ah, tu t'en doutais. il veut parler des derniers événements, tu te braques encore plus à ces mots. son visage ne montre aucune émotion et ne pas savoir à quoi il pense te rend fou.

ce que nous on en pense ? tu ne peux pas t'empêcher d'émettre un rire ironique et regardes nerveusement autour de toi comme un enfant qui a peur d'être surpris entrain de faire une bêtise. bah tu sais, on vous a dégagé dans l'unique but d'ouvrir les relations. tu le fixes maintenant en te mordant la lèvre dans une tentative désespérée de retenir un ricanement. t'attends de voir s'il comprend que tu te fous de sa gueule, sûrement qu'il va comprendre mais t'es trop fatigué pour en avoir quelque chose à faire, pour l'instant.

regarde-moi, tu décroches de ton mur, avance rapidement jusqu'à lui. peut-être que t'es un peu trop près, tu connais pas la distance moyenne qu'on doit mettre entre deux personnes susceptibles de devoir s'entre-tuer un jour. ça va sûrement te décevoir mais, ça me plaît. ce qui s'est passé, la destruction de la capitale, le fait qu'on vous ait viré, tout ça me fait jubiler. on vous a enfin remis à votre place. tu penses pas ?

tu pousses un peu, c'est fait exprès. t'as besoin de faire ton intéressant. t'es un de ces gamins qui dit pas qu'il a des problèmes mais qui veut qu'on le remarque, toujours être au centre de l'attention même si ça veut dire faire semblant de tomber dans les pommes ou insulter un mec plus fort que soit dans la rue. tu le sais et quand on te fait la remarque tu fais toujours le fier comme si t'avais encore quinze ans. t'es vachement immature en fait.

eeet donc, vous.
vous préparez un truc ?


puisque vous en êtes là, autant tenter le coup même si c'est perdu d'avance et que tu commences à ressentir ta jambe, ce qui est pas vraiment un bon signe vu que t'en as plus.
Mer 28 Sep - 19:08
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04/08/2016
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Je me demande si je suis un peu stupide, à ma façon. Il est vrai que j'ai tendance à taxer les gens d'imbécillité sous prétexte qu'ils se laissent aisément emporter par leurs émotions, de sorte qu'ils ne parviennent jamais à l'objectivité qui me caractérise ; mes pensées sont généralement plus neutres, et je dois être le seul Karma de la ville à essayer d'envisager la situation sous un angle général, au lieu de me plaindre de nos pertes (ou du moins, c'est ce que j'essaie de faire ; y arrivé-je ? c'est là une toute autre question). Mais confronté à la perplexité de celui que je considère comme une forme de collègue indirect, je m'interroge sur mes motivations. Il est possible que je me sois laissé emporter par des émotions, cette fois. Mais lesquelles ? Je n'arrive pas à mettre le doigt dessus, et croyez-moi, c'est franchement ennuyeux. Imaginez qu'il y a un monstre qui sommeille au fond de vous, un monstre sur lequel vous n'avez aucun contrôle : ne vous sentiriez-vous pas dérangé à l'idée de pouvoir perdre face à lui ? Imaginez que c'est ce que je ressens en cet instant. Ma rencontre avec Wolfgang aura donc cet effet positif, en soulignant un problème que je devrais affronter à un moment ou à un autre. Cependant, il n'est que personnel, et devra attendre que j'en ai fini avec le programme du jour. Je sais au moins que je n'en suis pas au même point que lui ; il pue la subjectivité, c'en est presque dérangeant. Je n'avais jamais ressenti de rancœur particulière en lui, alors pourquoi maintenant ? Les êtres humains sont des choses bien complexes. Je peux au moins comprendre qu'il traîne cela depuis un moment. Je suis cependant très loin d'imaginer tout ce qui lui passe vraiment par la tête. Je n'envisage pas un seul instant que je puisse être en décalage avec ce quartier.

Même moi, je suis capable de reconnaître l'ironie ; et sa tentative est, qui plus est, bien faible. Il me dévisage longuement ; il essaie probablement de mesurer mes réactions, et c'est peut-être parce qu'il n'en trouve pas qu'il finit par me dire ce qu'il a sur le cœur. Une part de moi se réjouit d'être confronté à la vérité. Une autre s'en étonne : je n'y avais jamais réfléchi, en fait, et tout à coup j'ai l'impression de comprendre. Une toute dernière part de moi, minoritaire, murmure sa colère et sa douleur. Je décide d'ignorer totalement celle-ci en répondant : Je vois. Je dois avoir l'air d'un monstre qui n'a rien de compatissant. Mais j'envisage tout cela avec distance. Sinon, je sais que je me ferai submerger. Je ne suis pas bon pour lutter contre les sentiments. Ce n'est pas moi qui décide de ce que l'on fait. Je n'en sais rien. Je verrai bien. Le pire, c'est que ma réponse est totalement sincère. Je le regarde droit dans les yeux ; la proximité ne me dérange pas tellement, je ne le déteste pas, et je comprends trop bien ses motivation pour m'offusquer. J'espère qu'il comprend bien ce que moi, je veux lui dire. Que je me suis toujours considéré comme extérieur. Qu'il peut me cracher sa haine à la figure ; cela lui fera du bien, et pour moi, ce sera instructif.

Je me souviens tout à coup qu'il m'a demandé mon avis. Je me sens curieusement fébrile ; encore une fois, j'essaie d'ignorer les signaux que mon corps m'envoie. Je réagis souvent comme un pur esprit. Je ne veux pas être autre chose. Si on me prouve que c'est mérité, je n'ai probablement rien à en redire. Ne le prends pas mal, Wolfgang, mais si je ne me morfonds pas sur le sort des miens, je ne vais pas vous plaindre vous. Malgré tout, c'est faux. Je sens que quelque chose m'échappe, et je soupire. Non, ce n'est pas ça, corrigé-je, soudain perplexe. Je pense que j'ai plutôt l'impression d'avoir manqué quelque chose. Tu sais, Wolfgang, si je vous avais voulu du mal, personnellement, je ne t'aurais jamais parlé avec courtoisie comme je l'ai fait. Et je sombre dans le silence ; j'ai déjà trop parlé, cela ne me ressemble guère. Je n'aime pas parler. Plus je parle, et moins les mots qui sortent de ma bouche expriment le fond de ma pensée. Les mots ont tendance à me rendre humain, à se charger d'une émotion qui est généralement absente en moi. Je commence déjà me perdre, et je me demande si je ne vais pas le vexer. Je sais que me taire et conserver mon attitude indifférente n'aidera pas. Mais ne vais-je pas aggraver la situation ? Alors j'attends. Je me demande s'il est capable de la lire. La lueur d'urgence dans mon regard.
Ven 30 Sep - 19:32
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03/08/2016
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 w/ althaus ; un jour je le prendrais au sérieux, allez slt
 bonjour je suis pas un
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tu te rassois, non, tu t'affales sur le sol poussiéreux sans quitter ton homologue des yeux ne serait-ce qu'une seconde. il y a quelque chose chez ce type qui te dérange et qui t'amuse à la fois, sûrement sa façon de garder son calme en toutes circonstances. tu aimerais le voir s'énerver pour toi, par ta faute, rien qu'une fois mais ça n'arrivera sûrement jamais et puis, ce gars n'est pas comme les autres, tu doutes que tu puisses le mettre en colère comme tu le fais avec les ivrognes du quartier. le pire, c'est qu'il a l'air de croire en ce qu'il dit, son sérieux t'arrache des rictus tout au long de votre discussion.

néanmoins, il a raison, les pleasers ne décident pas, ils se taisent et exécutent les ordres; c'est là tout le charme de ce métier. par contre, tu ne comprends pas qu'il n'est aucune rancoeur envers les humains, s'il a été choisi pour ce rôle, il doit bien y avoir une raison non ? ta réflexion s'arrête là, tu as déjà mal à la tête et préfères ignorer ton envie d'en savoir plus sur quelque chose qui ne t'apportera rien. d'ailleurs, ton semblable devient beaucoup trop sympathique à ton goût et tu te dois de lui rappeler que vous n'êtes pas amis. je preferais ta première pensée, tu le regardes en fronçant les sourcils comme s'il t'avait insulté. je t'avoue que les maudits ne m'ont jamais rien fait personnellement et que je les déteste uniquement par jalousie et par habitude et, même en sachant ça, je ne peux m'empêcher de continuer à les haïr. et tu n'as pas peur d'exprimer le fond de ta pensée, après tout, ce que tu dis est vrai même si tu restes persuadé que ton mépris est fondé.

tu le contemples longuement, hésite à continuer sur ta lancée, finalement, lui, tu ne le hais pas mais ce serait beaucoup plus pratique si c'était le cas. tu vas me trouver égoïste, mais l'important pour moi c'est d'être dans le camp gagnant, quel qu'il soit. alors un conseil, ne réfléchis pas trop. c'est jamais bon de trop raisonner, ça provoque des doutes, des regrets, et ça empêche de dormir; tu sais de quoi tu parles. continues à ne pas nous plaindre et reste impassible, tu le fais si bien. tu lui souris gentillement et espères qu'il remarquera que toi tu ne t'adresses pas à lui avec courtoisie, ce qui veut tout dire. évidemment, les maudits ont cette classe des gens de la haute société, mais toi tu habites dans un quartier mal famé près d'un bidonville où zone des gamins de treize ans qui volent leurs voisins.

maintenant tu te questionnes encore plus, tu veux savoir ce qu'il est venu cherché ici et pourquoi vouloir te parler à toi, de toutes les personnes, car tu n'es réputé ni pour ton élocution ni pour ton accueil chaleureux. j'ai froid, tu veux venir chez moi et me regarder boire ou rester ici à essayer d'être gentil. je te fais pas cette offre pour être agréable et tu devrais pas accepter parce que je risque d'avoir des pulsions violentes quand la morphine ne fera plus effet, à toi de voir. tu ne sais pas d'où te vient l'envie de l'inviter parce que tu n'éprouves pas vraiment d'amitié à son égard et tu pourrais simplement mettre fin à votre discussion et rentrer dans ton appartement, alors peu importe ce qu'il te répondra, cette journée est déjà bien trop longue et sa voix calme et sérieuse t'endors et te fait froid dans le dos en même temps alors ça n'ira pas en s'arrangeant. si tu peux au moins rendre ce moment un minimum plus agréable pour toi, tu le feras.
Lun 5 Déc - 0:05
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Je me sens assez mal à l'aise, mais non parce que je ne me sentirais pas à ma place dans un quartier qui n'est pas le mien. Curieusement, je ne me sens absolument pas en danger. J'ai plutôt l'impression que je suis plus dangereux qu'eux - parce que j'ai un pouvoir qui, même s'il n'est pas des plus offensifs, m'est bien utile ; et parce que je peux réfléchir sans me laisser aveugler par mes émotions, du moins pour le moment. Le malaise vient de moi-même. J'ai l'habitude de recevoir de la haine ; lorsqu'on fait sciemment du mal aux autres, on y est bien souvent confronté. Je sais que la haine est méritée. Mais quelqu'un comme Wolfgang devrait être plus neutre. On ne peut pas être bourreau, et avoir des sentiments trop humains. Du moins, j'en suis persuadé. Je ne comprends pas trop comment il fait pour survivre avec toutes ces émotions qui lui déforment le visage. Il paraît trop vulnérable. Alors même qu'il tente de dominer la conversation, en investissant l'espace (se levant, s'approchant de moi pour ensuite se rasseoir), m'offrant des réponses à des questions que je me pose. Il représente un mystère à mes yeux, comme l'ensemble de l'humanité d'ailleurs. Et pourtant. Pourtant je sens qu'il y a cette infime part de moi qui ne s'étonne pas vraiment de son comportement.

Ce que je  ne comprends pas, en revanche, c'est ce qu'il désigne comme étant ma première pensée. Je ne sais pas de quoi il parle : à ma connaissance, ma pensée est toujours la même. Elle est simplement teintée d'embarras. Je comprends cependant un peu ce qu'il dit : la jalousie, je ne l'ai jamais vraiment exprimée, mais l'émotion ne m'est pas tout à fait étrangère. Elle éveille dans mon esprit le souvenir d'un visage féminin que j'aurais voulu effleurer de mes doigts, au moins une fois dans ma vie. Un visage qui se tournait vers d'autres que moi, et déjà à l'époque, il y avait ce pincement au cœur, mais je n'en avais pas vraiment conscience. Que la jalousie puisse mener à la haine me surprend, mais je sais que c'est ainsi que cela fonctionne. J'ai dû très tôt le comprendre, si je voulais conserver ma place. J'ai cette capacité à jouer avec les émotions des autres comme si je les vivais moi aussi, alors même qu'elles me sont si étrangères. C'est normal, dis-je, bien plus pour lui indiquer que je ne lui en veux pas que pour faire preuve d'une véritable empathie.

Le silence se prolonge entre nous. Je n'ai pas envie de parler. Je n'ai tellement rien à dire, et puis, je n'ai pas envie qu'il ait vraiment conscience du vide qui me travaille. J'ai l'impression que ce n'est pas le moment, sans que je sache vraiment pourquoi. Peut-être parce que ce vide est un mensonge : il y a du néant, mais il y a aussi d'autres choses. J'ignore quoi. Et le conseil qu'il finit par me donner me laisse grandement perplexe. Je tourne longuement les mots dans ma tête, si longtemps qu'il finit par me proposer d'aller chez lui. Une proposition qui n'a rien de généreux, je le conçois parfaitement. Toutefois, qu'il se rassure : je ne suis pas vraiment sensible à la douleur. C'est plutôt qu'il s'agit d'une information que je ne sais pas analyser. Et je pense être capable de me défendre. Allons chez toi. Je préfère te voir au naturel. Et je lui fais signe d'ouvrir le chemin, car je ne sais pas où c'est. Je ne sais même pas si sa maison est juste là ou s'il faut marcher un peu. Le temps qu'il se relève, je finis par trouver les mots adéquats pour répondre à son si généreux conseil. Je ne sais pas pourquoi j'ai de la peine pour toi. Et qu'il ne te pose pas la question, parce que tu ne peux pas le lui expliquer. Pour toi aussi, c'est un véritable mystère, cette soudaine poussée d'empathie.
Sam 10 Déc - 11:37
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03/08/2016
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