deadly disease
il leur avait suffit d'attendre le bon moment, le bon jour. il leur avait suffit d'être patients, le doigt prêt à presser l'interrupteur — il leur avait suffit de compter jusqu'à trois et elles étaient sorties l'instant d'après, avaient avalé un nombre horrifiant de vies. s'étaient emparées des familles et les avaient déchirées d'un coup de croc, avaient disloqué des liens et brisé des coeurs en l'espace de quelques secondes. il leur avait suffit d'un souffle pour faire exploser la capitale, bombes enterrées des années — des siècles ? — plus tôt sous le sol de nausicaa.
il leur avait suffit d'un battement de cil, mais ça ne lui avait pas suffit.
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u'll be there ▬ ft. sól


Rentrer chez soi. Il était temps. Tu n’es pas spécialement attaché à cet appartement, si ce n’est qu’il est l’un des rares endroit où tu n’as pas à subir un bain de foule permanent. Éclairé par les rayons blafards de l’astre lunaire, tu avances tranquillement. Mains enfoncées dans les poches de ton manteau, et la mâchoire serrée, tu fais abstraction de la douleur qui monte vicieusement de tes côtes. Rien d’insupportable, d’insurmontable. Un malheureux souvenir d’une soirée légèrement mouvementée. Soupir las qui s’échappe de tes lippes alors que tu attaques l’ascension des escaliers menant à ton logement. Tu visualises déjà le vide. Tu entends déjà le silence assourdissant de la solitude qui t’est pourtant ta salvatrice.  Le bruit de ta clefs lorsque tu déverrouilles ta porte semble se répercuter jusqu’à l’appartement le plus éloigné du bâtiment.

Lumières.
Vacarme.

Tu te figes un instant à l’entrée, avant de te décider à fermer la porte derrière toi. Tu te souviens encore de la manie qu’avait ton père d’annoncer sa venue lorsqu’il rentrait. Manie que tu as toujours trouvée ridicule, et que tu n’as jamais reproduite. Mais devant le spectacle qui se déroule devant tes yeux, tu en es à te demander si ce n’était pas pour prévenir de ce genre de situation qu’il le faisait. A chaque fois. Toujours. Questionnement rapidement balayé lorsque tu reconnais la personne installée confortablement dans ton canapé. Chaussures rapidement enlevées, tu te diriges sans un mot jusqu’à la salle de bain. Si t’es côtes sont supportable, tu n’aimes pas pour autant cette sensation désagréable sur le long terme.

Eau sur le visage.
Crème sur les côtes.

Tu ne traînes pas pour retourner dans la pièce principale. Bâillement incontrôlé avant que tu n’ailles chercher de quoi boire dans le réfrigérateur

Heureux de te voir, Sól.

Tu lui tends l’une des deux canettes que tu as dans les mains avant de te laisser tomber sur le canapé. La luminosité de la pièce et de l’écran t’agresse assez violemment les yeux, pour autant tu ne laisses rien paraître et lui adresse cet habituel sourire en coin qui te caractérise tant. Ta propre canette ouverte, tu savoures silencieusement le goût âcre le la première gorgée de bière avant de reprendre la parole.

Depuis combien de temps es-tu là ?

ft. sól
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Mer 16 Nov - 22:03
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Dernière édition par Céleste le Jeu 17 Nov - 3:24, édité 4 fois
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clic clac. c’est aussi simple que cela de venir chez toi, céleste. et pas seulement sur le plan technique tu vois, mais aussi sur le plan théorique. parce qu’en théorie tout se passe bien, alors elle se dit qu’en théorie, ça doit être chez toi, tu saisis ? elle s’y plait, dans ton cocon. c’est doux, c’est léger, c’est réconfortant. c’est tout ce qu’elle n’espérait plus vraiment. et puis c’est chez toi, et toi, c’est particulier. c’est pas comme les autres - c’est simple, si simple. c’est la paix, les tasses de thé, les nuits étoilées. et la stabilité.


sól, elle a pas connu ça depuis longtemps, trop longtemps. des années qu’elle marche sur un fil, et elle a arrêté de compter le nombre de fois où elle a failli chuter. elle vacille, ni vivante ni morte. rien. mais là, chez toi, c’est différent, elle se sent un peu exister à nouveau. mais exister en bien, pas comme sa vie d’avant. parfois elle se dit qu’elle aurait aimé avoir une vie comme ça dès le début, peut-être que tout aurait été plus simple. mais, mais, elle se reprend aussitôt dans ses pensées - si tout avait toujours été beau, peut-être n’aurait-elle jamais croisé ton chemin. elle sait pas et elle saura jamais. mais t’es sa zone de réconfort, céleste, et pour ça tu vaux de l’or.


confortablement installée dans ton canapé, elle avait allumé la télé - sans vraiment la regarder, plus une façon de se tenir compagnie qu’autre chose. elle ne t’avait pas demandé la permission avant de venir, se demandant si tu allais être là ou non. tu n’y étais pas ; et pourtant elle était restée. elle ne savait même pas si tu allais rentrer ou non ce soir, ni même où tu étais en cet instant. mais au fond, peut-être qu’elle t’attendait - un peu.


elle n’a pas entendu tes pas dans l’entrée, le grésillement continu de la télé obstruant tout le reste - et même le bruit de l’eau dans la salle de bain. pourtant, elle est à peine surprise quand elle te vois surgir à ses côtés. « heureux de te voir, sól ». elle saisit la canette que tu lui tends, et un léger sourire vient se dessiner sur ses lèvres. elle aussi, elle est heureuse. elle tente de déchiffrer ton éternel sourire - n’y parvient pas. mais elle ne s’en inquiète pas.


« depuis combien de temps es-tu là ? ». elle laisse une gorgée de bière couler le long de son œsophage avant de répondre, évasive, « une heure, peut-être plus. ». elle glisse sa main vers la télécommande et baisse le volume de l’écran, dépose la canette sur la table basse avant de presser ses genoux contre son torse - position enfantine, comme une réminiscence d’un passé lointain et profondément, si profondément enfoui. « finalement tu es venu. », elle te regarde, doucement, elle t’observe. il y a quelque chose qui la fascine chez-toi, peut-être ton calme mystérieux, et cette attitude inexpliquée - toujours contrôlée. « tu as passé une bonne journée ? », question anodine - curieuse, toujours, de ton monde, si différent du sien.


elle laisse sa joue venir s’apposer contre ses genoux repliés - position étonnement décontractée pour la demoiselle. un doux soupir s’échappe de l’extrémité de ses lippes gercées. « céleste. tu crois que… », la question vient s’éteindre en cours de route - elle se mord les lèvres. « tu crois que je pourrais rester quelques jours ? ». elle t’observe avec inquiétude - elle ne devait pas éveiller de soupçons chez toi, et pourtant, pourtant elle en avait cruellement besoin, elle n’était pas prête à dormir dans la rue ce soir, et n’avait, semble-t-il nulle part ailleurs ou se rendre. « s’il te plait. »


son train de vie, ses habitudes ; elle ne voulait pas que tu sâches - non, face à toi, elle voulait ne voulait surtout pas perdre la face.
Mer 16 Nov - 23:14
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Dernière édition par Sól le Dim 27 Nov - 0:14, édité 1 fois

Tu as toujours été étonné de la voir s’immiscer dans ton petit monde. Sans aucune difficulté. Sans hésitation. Étrangement, ça ne t’as jamais dérangé plus que ça. Tu te souviens encore de la première fois où tu l’as trouvée chez toi.

Souvenirs.
Souvenirs.

Les débuts n’avaient pas été faciles. En même temps, comment auraient-ils pu l’être ? Elle était une totale inconnue, qui se trouvait dans ton espace privé, ton chez-toi. Le seul endroit où tu peux te retrouver avec toi même sans avoir sans cesse ce masque que tu as su parfaire avec le temps. Encore aujourd’hui, vous ne vous connaissez pas réellement, et tu trouves que ce n’est pas plus mal.

Finalement, tu as réussi à t’accommoder à ce mode de vie, et tu sembles de moins en moins surpris à chaque fois qu’elle se trouve ici lorsque tu rentres. Une habitude qui s’ancre lentement dans la routine. Dans ce cycle sans fin. Ils sont rares, les moments où tu te demandes où est-ce qu’elle se trouve. Ces moments à regarder par la fenêtre évasivement en te demandant si, pour une fois, elle arrivera alors que tu es déjà là. Il est bien plus fréquent que tu sois presque soulagé de la voir, comme ce soir, installée dans ton canapé alors que quasi toutes les lumières de l’appartement sont allumées.

A nouveau ce sourire qui étire tes lippes.
Oui, tu es venu.

Tu prends soudainement en compte qu’elle semblait t’attendre. Tu te redresses, décollant ton dos du canapé avant de remonter tes jambes pour t’installer en tailleur. Canette se portant à nouveau jusqu’à tes lèvres, liquide ambré glissant contre la langue - dans une vaine tentative de faire taire plus rapidement le douleur, tu la fixes tranquillement. Il semble y avoir quelque chose qui ne colle pas. Une impression inhabituelle, comme le tintement d’un triangle au milieu d’une composition de hard-rock. Haussement d’épaules las alors que tu te contentes de lui répondre simplement.

Pas pire qu’une autre. J’ai pu rentrer.

Toi, bavard ? Ce serait la plus grosse blague du siècle. Mais oui, pour une fois tu as pu rentrer sans trop d’encombres. Parce qu’il n’est pas rare que tu préfère passer la nuit ailleurs en fonction de la soirée que tu as pu passer. Alcool. Femmes. Et plus souvent que tu ne le souhaiterais ; combats. Dents venant se fermer sur ta lèvre inférieure, tu la regardes se réinstaller plus confortablement. Tu reportes ton attention sur l’écran luminescent. Les sons ne sont plus agressifs, et tu ne comprends pas réellement l’unique sens de l’image sans eux. Mais, en réalité, souhaites-tu réellement y comprendre ? Pas vraiment.

Image perçue.
Image renvoyée.

C’est probablement dur. Voir irrespectueux. Tu laisses simplement croire que tu ne l’écoutes plus que d’une oreille alors qu’elle a toute ton attention. Aucun tic ne vient te troubler lorsque tu sens son hésitation. Tu n’y perçois qu’une simple évidence. Elle t’attendait. Réellement. Et ce sourire. Encore. Que tu peines à faire disparaître en buvant une nouvelle gorgée du liquide alcoolisé emprisonné dans son récipient métallique.

Soupir.
Haussement d’épaule.

Je vais devoir passer quelques coups de fils. Mais oui. Tu peux rester.

M e n s o n g e.

Pour elle. Comme pour toi. Prétendre devoir changer tes plans pour la laisser rester, et lui faire comprendre que ça ne doit pas devenir une habitude. En vérité, tu es loin d’être contre le fait que la jeune femme reste squatter dans ton appartement. C’est étrangement, et dangereusement rassurant de savoir qu’elle peut se trouver chez toi. Tu reportes finalement ton regard sur elle. Parce que c’est bien la première fois qu’elle formule une telle requête. Avant, elle s’installait sans te laisser ton mot à dire. Cette fois y-t-il peut-être quelque chose qui la tracasse ? Tu ne sais pas. Tu aimerais savoir. Mais cela irait presque à l’encontre de ce qu’est votre relation.

Tu ne demandes pas, habituellement.

Une affirmation, parce qu’au fond, tu ne veux pas réellement savoir. Elle doit rester une simple connaissance à la compagnie plaisante. Tu ne veux pas la connaître et compliquer les choses.

Si le savoir est le pouvoir, dans votre cas, l’ignorance est la tranquillité.

ft. sól
689 words

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Jeu 17 Nov - 1:20
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04/11/2016
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l’indicible sentiment de jouer avec le feu. si tu savais céleste, ô combien il est rare qu’elle délaisse sa confiance entre des bras presque inconnus, qu’elle étale ses faiblesses aux pieds d’un étranger. si tu savais, céleste, ô combien elle tremble à l’intérieur, elle tremble de tout voir s’écrouler à chaque instant, chaque seconde de votre temps.


sól, qui fuit, qui fuit sans arrêt. elle se demande souvent pourquoi. pourquoi est-ce ici qu’elle s’est arrêtée, pourquoi toi. toi le silencieux, l’indiscernable - dont même le nom semble si mystérieux. céleste. elle se pose ces questions sans cesse. souvent, elle se demande même si elle ne s’est pas faite avoir - mais elle chasse aussitôt ces pensées dans un recoin de son crâne. elle a trop peur pour seulement l’imaginer - ne veut surtout pas le croire. elle, elle, qui a toujours su observer, comprendre, analyser. infaillible. sa plus grande peur, sûrement, serait de faire erreur.


mais t’es là, tu souris, toujours. calme, le visage détendu. t’es là, tu la regardes, et elle chasse les doutes. elle se dit qu’elle peut pas se tromper. elle s’est jamais trompée, pas vrai ? (les yeux clos sur la réalité) elle boit une nouvelle gorgée d’alcool, oublie un peu. tes réponses sont courtes, toujours. tu te contentes de l’extrême nécessaire et parfois (souvent) elle voudrait réclamer, plus, plus. comme une enfant, elle voudrait t’entendre détailler toute ta journée - innocemment. mais elle se retient - elle cloue les questions absurdes à l’aube de ses lippes trop curieuses, et les laisse en suspens. se demande combien de temps pourra-t-elle tenir, sans savoir. parce que, surtout, elle sait qu’elle pourrait tout perdre, si elle en demandait trop. alors, mendiante, elle se contente des quelques morceaux que tu lui accordes - tente de déchiffrer le reste.


elle te dérange, un peu, sûrement. elle le voit bien, l’entend bien à ta façon de lui répondre. tu vas devoir changer tes plans, pour elle. elle ne sait pas quoi en penser, elle se sent à la fois coupable et rassurée. elle crève, sól, elle crève d’envie de savoir ce que tu aurais fait, si elle était pas là, si elle existait pas.


mais soudain, elle craint. elle craint que tu doutes, toi aussi. l’affirmation est simple ; pourtant lourde de sens. elle aurait pu expliquer, longuement, tout avouer. c’est que tu comprends, je suis morte, céleste, je suis morte je devrais pas être là, tu parles à une morte, céleste. mais t’es pas fou, c’est moi, c’est ma faute. je suis morte et je fais mal la morte, je veux croire que je me suis jamais trompée mais je suis dans la merde, céleste, dans la merde - parce que j’ai fait une erreur, une putain d’erreur de débutante. et tu vois, là, j’ai plus rien, plus rien d’autre que toi, ici, ce merdier complet. j’ai plus que-, (elle aurait pu). elle fait mine de sourire doucement, comme si tout allait bien - sourire sûrement plus maladroit qu’elle l’aurait désiré, mais c’est toujours ça, tente-t-elle de se rassurer. « c’est que ça risque d’être un peu plus long que d’habitude. rien de grave ! mais, j’ai besoin de trouver un nouveau logement, alors… ». elle ne ment même pas, elle ne veut pas te mentir. elle joue seulement ; elle joue dangereusement avec les mots, des mots qui ne doivent pas la trahir. elle joue avec le feu.


nouvelle gorgée. l’alcool la détend un peu, à nouveau. c’est agréable cette sensation - mais elle sait qu’elle doit encore être capable de se contrôler. elle ne veut pas commettre une nouvelle erreur. elle s’agrippe à toi, céleste, pour pas mourir pour pas vivre pour rien. parce qu’elle a jamais été foutue de faire un choix, un vrai, et qu’aujourd’hui, rien, elle a plus rien.


elle glisse son regard lentement, le long de ton corps - ne peut se défaire complètement de ses instincts premiers, pas même avec toi. elle cherche, constamment, le faux pas, le signe, bon ou mauvais, qui la guiderait, qui lui indiquerait enfin vers où se diriger. elle doute, un peu, tu ne grimaces pas, mais tes mouvements sont presque saccadés, parfois - à peine, à peine. si peu qu’elle se dit qu’elle s’imagine des choses, parce qu’elle a besoin que tout ne soit pas rose. parce qu’elle n’a pas l’habitude, de cette simplicité, cette douceur qui émanent de toi, de ta présence. parce qu’elle a besoin de tout voir se consumer - par habitude.


mais pas ici, pas avec toi, pas vrai ? elle soupire doucement. « merci ». sincèrement, merci. elle déplie ses jambes, ses bras - soulagement. « tu as mangé ? ». elle pose la question naturellement, comme si elle était l’hôte de la maison. « j’ai envie de pizza, mais… j’ai égaré mon téléphone. » elle rit un peu - elle se mordrait les lèvres jusqu’au sang si t’étais pas là. elle a pas de téléphone. les morts n’ont pas de téléphone. « alors j’ai pas pu en commander », elle poursuit, l’air de rien, se maudit intérieurement - plus maladroite que jamais, elle se hait.


& elle se venge sur une nouvelle gorgée d’alcool - il faut faire taire la peur.
Dim 27 Nov - 1:07
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